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L. Blériot : L'innovateur

La mise au point du Blériot XI et la réalisation de son exploit ne doivent rien au hasard. Depuis 1900, Blériot cherche et teste les moyens de mettre au point un avion commercialisable pour en faire la base d’une industrie aéronautique. Il n’est pas le seul : Voisin, Farman, Deperdusin, et bien d’autres se sont engagés dans une même voie. :: Qui se souvient de Paulhan, de Latham, de Legagneux ou même de Morane, Tabuteau ou du Péruvien Géo Chavez ? L’exploit physique n’est pas supérieur, mais Blériot saura lui donner une ampleur médiatique, économique et durable.

Repères

Année Évènement Auteur / avion / moteur
1890 ? 1° vol d’Eole Clément Ader
1903 1° vol «homologué»

Frères Wright
1906 1° vol en Europe Santos Dumont
1908 Premier km Farman / Voisin / Antoinette

1910

500 km Legagneux / Blériot / Gnome
1912 100 km Fourny / Farman / Renault

Blériot organise une longue montée en puissance. L’industriel à succès dans le domaine de l’automobile, il veut participer à la grande aventure de la conquête de l’air.

- Blériot I – 1901 : un oiseau mécanique à aile battante animé par un moteur léger (maquette).   

- Blériot II – 1904 : un biplan sans moteur destiné à être tracté sur la Seine par un canot à moteur.    

- Blériot III – 1905 : en association avec l'avocat mécène Ernest Archdeacon. Le biplan est conçu sur le principe du Berliot II mais pourvu d’ailes annulaires.

- Blériot IV – 1905 : en association avec Voisin.

- Blériot V – 1907 : monoplan à aile de canard. Moteur Antoinette 24 ch. A partir ce cet avion, Blériot réalise lui-même les essais de ses avions.

- Blériot VI – juin 1907 : monoplan à ailes tandem (type Langley), surnommé la Libellule. Doté d’un moteur Antoinette 24 ch puis 60 ch. Quelques vols réussis de 80 m puis 300 m.

- Blériot VII – septembre 1907 : monoplan entraîné avec un moteur Antoinette de 50 CV, hélice à quatre pales.

- Blériot VIII – juin 1908 : construit à partir du VII, proche par sa forme du Blériot XI, mais avec des ailerons de bord de fuite remplacés par des parties pivotantes. Le 24 novembre, il est détruit.

- Blériot IX : moteur Antoinette de 65 ch

- Blériot X : Biplan - moteur Antoinette de 50 ch – pas de trace de vol.

- Blériot XI – 1909 : Moteur Anzani de 25 ch.

- Blériot XII – 1909 : Appareil pouvant emporter des passagers.

Fin 1909, Blériot victime de nombreux accidents, cesse le pilotage.

Le monoplan, un pari audacieux et un standard contesté :

Blériot, homme d’affaires et innovateur d’envergure, n’est pas l’ingénieur aéronautique le plus remarquable de son époque. Pour gagner le trophée, il fait un double pari : un monoplan léger. Le monoplan est aujourd’hui un standard. Celui de Blériot était prémonitoire et mal finalisé car on ne connaissait pas suffisamment l’aérodynamique des ailes et les questions de portance. Il restera en concurrence avec les biplans jusqu’aux années 30 et l’apparition des chasseurs de la génération « spitfire ».Pour les gros porteurs, on continuera d’utiliser des multiplans pour les hydravions jusqu’à la fin des années 30.Monoplan à empennage très réduit pour limiter la résistance à l’avancement et permettre d’utiliser un moteur très léger et peu puissant (25 ch alors qu’on utilise couramment 50 ch et plus).

Un empire industriel sans lendemain

Mars 2009 : Création de l’entreprise « Blériot-Aéronautique »

La création des écoles de pilotage, notamment à Pau et Buc.

1910 : L’aérobus peut transporter 7 passagers.

1914 : Les bénéfices engrangés avant-guerre permettent à Blériot d'acheter le constructeur Deperdussin. Le groupe Blériot-SPAD issu de cette acquisition a construit environ 20.000 avions au cours de la 1ère guerre mondiale.

1920 : Le groupe Blériot-SPAD se reconvertit partiellement et se lance dans la construction de motocyclettes.

1923 : Reprise du constructeur d'hydravions Blanchard.   

Années 20 : Constitution d’une société de transport aérien (Les messageries aériennes) fusionnée avec Air Union en 1923 puis avec la Générale des transports aériens en 1924.

1928 : Dernière commande publique significative (le Blériot 127).

1933 : Blériot-SPAD se rapproche de Farman et sera nationalisée en 1937

Coûts et gains

Selon certaines sources, l’Éole de Clément aurait coûté 200.000 Francs. (équivalent de 8 M€ d’aujourd’hui ?).

L’investissement global réalisé dans l’aviation entre 1908 et 1912 dans le monde est de l’ordre de 50 Millions F, soit l’équivalent de 2 Milliards €.

Blériot annonce avoir dépensé 600.000 F depuis le début de ses travaux. Selon certaines estimations, son Groupe aéronautique aurait gagné 20 Millions dans les ventes d’avions pendant la 1° guerre mondiale. Il a d’ailleurs été touché par la loi sur les bénéfices de guerre en 1920.

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